Vins d'Alsace
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À la découverte du Grand Cru Goldert

Temps de lecture: 10 min
Christian Tawil Cadre Commercial Le 10 mars 2017
Christian Tawil - Cadre Commercial
  • Découvrir le Grand Cru Goldert sous un autre angle ? 
  • Pouvoir dire que son sol est de type marno-calcaire ?
  • Citer son exposition, Est, Sud-Est ?
  • Connaitre en bon mathématicien sa superficie de 45,30 hectares ?
  • Situer en disciple de Saint – Exupéry son altitude s’étageant de 230 à 360 mètres ?
  • Savoir que son nom Goldert évoque l’or, lorsque le soleil se lève sur ses vignes ?

Point n’est besoin de poursuivre cette énumération de données cartésiennes, pour envisager que le Goldert, en bien des aspects, s’apparente à James Bond, par ses grandes qualités, son éducation et sa discrétion des gens de bon lignage…

Son impact gustatif interroge et interpelle quand un amateur le déguste pour la première fois et lui donne envie de mieux le connaitre au travers des cépages qu’il engendre (Muscat, Gewurztraminer, Riesling et Pinot-Gris), ou encore de l’interroger dans des millésimes anciens que lui confère son aptitude à une longue, très longue garde.

Au sein de la famille des 51 Grands Crus d’Alsace, le Goldert demeure un personnage discret, presque britannique par son flegme, confiant et conscient de sa valeur, donnant la préférence à une dégustation entre amis ou entre amateurs de bons crus

Sans aucun doute, il mérite d’être mieux connu, apprécié et dégusté, lors des occasions à créer. En accord avec la gastronomie alsacienne, française, et voire même les cuisines du monde.

CERTIFICAT D’EXCELLENCE EN MUSCAT ET GEWURZTRAMINER

Même s’il se décline dans les 4 cépages nobles avec bonheur, les vignerons le cultivant lui reconnaissent une excellence particulière en Muscat et Gewurztraminer du fait d’une adéquation parfaite entre terroir et cépage. Ils se surpassent en qualité quand ils poussent sur des coteaux bien drainés à bonne maturité, sans excès de température.

Les anciens déconseillaient de se promener dans les vignes par temps de forte pluie pour ne pas engendrer le jaunissement de la vigne par tassement de la terre, tant la partie argileuse est sensible aux mouvements.

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Francis Burn, Patrick Humbrecht, Vincent Gross sont unanimes sur la robe particulière du Goldert qui se distingue des 50 autres Grands Crus par sa couleur or ambrée, l’une des plus intenses que les dégustateurs reconnaissent entre toutes lors de l’examen visuel du vin, avant même de le gouter.

Le Grand Cru Goldert se caractérise par son équilibre, sa complexité, sa classe qu’il dévoile au bout de 5 /7 ans, même si bon enfant, il accepte d’être dégusté jeune, que ce soit en vin dit sec ou en moelleux avec un peu de sucre résiduel, lui donnant son charme à la dégustation, et toujours équilibré par une belle nervosité. Ce vin n’est jamais « lourd » et ne lasse pas le palais …

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En Muscat, le Goldert se prête aux accords complexes, loin du mariage souvent préconisé avec de jeunes asperges valable avec un jeune Muscat, il apprécie les fromages de chèvre (d’Alsace bien sûr) et  excelle sur des plats relevés, épicés, des cuisines française, indienne ou mexicaine .

C’est un communicant, un vin d’ouverture éveillant efficacement les appétits lors d’un bel apéritif ou les anisés sont remisés au placard. Au dessert, il sait tenir compagnie à une tarte aux mirabelles, aux pommes, à la rhubarbe, en toute simplicité.

Dans les années 1960, et avant, le Muscat tenait le rôle de jeune premier, comme Gérard Philippe au cinéma, en tant que beau vin d’apéritif avant la montée en puissance des effervescents français et alsaciens et des anisés marseillais. Attention à la confusion entre les Muscat d’Alsace de type sec, et les vins doux des Muscats sudistes.

POÈME D’AMOUR EN ALSACIEN…

Francis Burn, vigneron à Gueberschwihr, me remet un poème que possédait son père Ernest, véritable hymne d’amour au Muscat, l’un des 4 cépages nobles du Grand Cru Goldert.  La lecture du poème donne immanquablement l’envie d’en déguster un verre !

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Déclinaisons gastronomiques des autres cépages…

Gérard Boyer, des Crayères de Reims, assortit un Riesling Grand Cru Goldert à  un filet de bar rôti sous un moelleux manteau aux amandes, de jeunes épinards et citrons confits… (Source  Les Grands Crus d’Alsace de Serge Dubs).

En Gewurztraminer, le Goldert se distingue par son équilibre, sa salinité conférée par le calcaire.

En Pinot Gris, le Goldert tient son rang  dans les accords mets et vins classiques du cépage et avec des fromages à pâte pressée (Comté, Beaufort, Appenzeller…).

Vin mystique ?

Vincent Gross se remémore un dicton des anciens : « Les parcelles qui ont vue sur le clocher de l’église sont du Goldert ». Saint Himère fut le premier patron de la paroisse de Saint-Pantaléon sise dans le bel écrin naturel du village de Guebershwihr. Le Goldert serait- il un vin mystique ?

Merci …

Un grand merci à Patrick Humbrecht, président du syndicat viticole de Gueberschwihr s’exprimant au nom de tous les talentueux vignerons du Goldert que j’espère rencontrer en d’autres occasions ; à Francis Burn et Vincent Gross, vignerons, pour leurs anecdotes et commentaires sur le Goldert.

Ce reportage s’achève avec le souhait qu’à sa lecture, vous découvriez ou redécouvriez ce magnifique terroir dans la déclinaison de ses 4 cépages, et dégustiez un verre d’optimisme inclus dans ce cru.

Le titre d’un film de James Bond paru en 1967 me vient à l’esprit entre deux gorgées de  Goldert … «  On ne vit que deux fois »,  You Only Live Twice … Ce serait  dommage au cours de ses deux vies de ne pas goûter et regoûter Le  Goldert…. On ne vit que  deux fois ….

Un reportage signé

Texte et photos : Christian Tawil