Vins d'Alsace
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Clos Saint-Imer ou le rêve d’Ernest

Christian Tawil Cadre Commercial Le 18 décembre 2018
Christian Tawil - Cadre Commercial

Saint Imer terrassant le griffon….

Tout commence au 7ème siècle par une légende … Peut-être une réalité ? Saint Imer premier abbé du couvent de Saint–Sigismond part en pèlerinage à Jérusalem et terrasse un griffon rencontré sur sa route de retour. Un parchemin de 1345 le mentionne comme premier protecteur de la paroisse de Gueberschwihr. En son honneur, son nom est donné aux meilleures vignes du village « Sant Imershalden »

Dans une niche à l'entrée du Domaine, une statue de Saint-Imer accueille le visiteur.

Vin spirituel ? …

Nous sommes dans les années 1345 / 1350 …

Nous verrons combien la spiritualité est indispensable en cette époque…

La fin du règne de Philippe VI de Valois approche avec la défaite des armées françaises, battues à Crécy en 1346 par Edouard III d’Angleterre, c’est le début de la première période de la guerre de 100 ans.

Comme si ce malheur ne suffisait pas, la peste noire, suivie d’une terrible famine ravage le royaume de France.

Philippe de Valois signe une trêve avec Edouard, avant de mourir le 22 août 1350.

Après tant de mauvaises nouvelles ! Enfin une bonne nouvelle …

Les vignes de ce qui constituera environ 600 ans plus tard le fameux Clos Saint Imer, appartiennent au fond dotal de la paroisse de Gueberschwihr, sous l’égide de l’évêché de Bâle.

Le registre de la paroisse de Gueberschwihr fait mention des meilleures vignes du village connues sous le nom de Himerius halden soit côtes de Saint – Himère.

Le vignoble se morcèle sous les coups de boutoirs des guerres et de l’histoire, du phylloxera, de la grande guerre, il reste en grande partie à l’abandon total pendant une très longue période à cause de sa difficulté d’accès et surtout du manque crucial de main d’œuvre.

Ernest Burn taillant les vignes avec Francis.

I have a dream ….

Ernest Burn (1906-1994) issu d’une famille vigneronne de plus de 300 ans fait un rêve …Déjà enfant, le coteau connu sous le nom de Haulenberg délimité par des levées de pierres calcaires (Steinrudeln) datant du défrichement originel le fascinait.

 Jeune vigneron, il se lance en 1934, dans le projet fou de réunifier les parcelles d’origine, il acquiert petit à petit avec foi, constance, persévérance, environ 50 parcelles.

Entre ces amoncellements de pierre qui font jusqu’à trois mètres de haut sur plus de cinquante mètres de longueurs, tout est à refaire. Ces amoncellements délimitent les parcelles comme en 1345 et constituent de magnifiques panneaux solaires naturels retenant la chaleur pour la restituer quand nécessaire. 

Le défrichage des parcelles, la création de chemins, la reconstitution des murs de pierres sèches calcaires, tout cela joint à un microclimat explique en partie la qualité des vins du Clos Saint-Imer, véritable Clos historique d’Alsace.

Une vinification minutieuse et respectueuse font le reste pour bâtir des vins de réputation haute, loyale et constante.

L’esprit et le vent soufflent sur le Clos …L’esprit fait sa part d’invisible, le vent sa part de visible en assurant aux raisins presque d’altitude, de 270 mètres à 350 mètres, un état sanitaire parfait. Un microclimat règne sur le Clos Saint-Imer, une exposition Sud – Est procure aux raisins la lumière et la chaleur nécessaire sur ce coteau dont la pente en certains endroits atteint 40 à 50 %.

L’encépagement du Clos reposant sur un conglomérat de calcaire oolithique se répartit comme suit :

  • Gewurztraminer 40%
  • Muscat 20%
  • Riesling 15%
  • Pinot gris 15%
  • Sylvaner et Pinot Noir 10% (parcelles de jeunes vignes plantées sur le grand cru Goldert)

Ernest Burn maintient dans sa reconstruction l’encépagement originel ainsi que le positionnement des parcelles dans le sens de la pente avec une exposition Sud – Est comme en 1345.

Prière au cœur du Goldert ? ….

En 1988, il parachève l’œuvre de sa vie en édifiant au sein du Goldert une petite chapelle de style pré –roman, dédiée à Saint Imer. Le curé de l’époque emprunte le chemin historique du Goldert pour la bénir goupillon en main …Un lieu où aller prier ?

La pratique culturale transmise par Ernest Burn à ses fils s’entend en agriculture raisonnée avec le plus d’interventions manuelles possible respectant le sol et sa flore.

Chaque parcelle bénéficie d’un traitement adapté à sa spécificité, le même processus ne s’applique pas à tout le vignoble mais au contraire s’adapte cas par cas à la parcelle et ses paramètres du moment …Par exemple le choix de la date de récolte.

Le domaine opte pour la suppression de tout engrais et laisse un équilibre naturel s’installer dans les parcelles, le rendement est limité volontairement à 20 à 30 hectolitres / hectare.

 

Le vigneron Francis Burn

« Nous sommes les abeilles de l’univers. Nous butinons éperdument le miel du visible pour l’accumuler dans la grande ruche de l’invisible » Michel Onfray

La magnifique enseigne en fer forgé du Domaine

Définition du vin selon Ernest Burn …

Ernest Burn disait souvent « Un vin, qu’il soit destiné à une occasion extraordinaire ou ordinaire, doit être bienfaisant, et il ne peut l’être que s’il est respectueux de la nature »

Une charte bio avant l’heure …. Bon sens et raison ….

La récolte du Clos se fait dans un esprit presque religieux, l’impression de rentrer dans une église, la certitude d’honorer sa terre, morceau d’histoire du passé, vieille de plus de 600 ans…

Francis et Simone Burn, à présent aux rênes du Domaine, souhaite vinifier un vin de plaisir, doté d’un soupçon de rêve, chargé de son histoire passée, à même de déclencher en le dégustant une émotion profonde. Une recette presque magique ?

La robe d'or du Gewurztraminer Clos Saint-Imer !

Un vin en or ….

Les clients du domaine ressentent une réelle attirance pour les vins du Clos, ils touchent à l’essence même de la vigne.

La robe d’un jaune soutenu « Goldert » fait penser à la dégustation à l’or et à l’ambre, selon l’ancienneté des vins.

Francis et Simone Burn situent les vins du Clos Saint– Imer au-dessus des grands crus grâce à leur historicité avérée et l’écrin de leur terroir naturel dans son état originel.

Certains jours, si vous levez les yeux vers le ciel et avez de la chance, vous pourrez voir l’âme de Saint – Imer survoler les parcelles du Clos ….

Revenons sur terre en citant le Figaro magazine :

« Le domaine Burn à Gueberschwihr offre le meilleur rapport prix /plaisir de toute l’Alsace et probablement de France, avec une gamme de toute beauté et une situation privilégiée sur le grand cru Goldert. Francis Burn est l’un des vignerons les plus exigeants et les plus doués d’Alsace » – Bernard Burtschy : le 25 août 2016 Blog – le Figaro magazine 2 septembre 2016.

 Après la lecture de l’article Figaro Vin j’ai une raison de plus (en fallait –il une de plus ?) de mettre les vins de Francis Burn dans ma petite cave, pour les déguster plus souvent …dont son emblématique Clos Saint- Imer La Chapelle Muscat Goldert dans tous les millésimes encore disponibles ….

 

Le Domaine en résumé  :

  • 10 ha de vignes : 7 ha dans le Goldert dont 5 pour le Clos Saint-Imer
  • âge moyen des vignes : 40
  • encépagement à 95% en cépages blancs : (30%), (20%), (20%), (15%),  (10%), (5%)
  • près de 35 000 bouteilles produites par an
  • utilisation de bouteilles transparentes pour les Grands Crus
  • en majorité, vins élevés trois ans minimum avant d’être mis en bouteille