Vins d'Alsace
présente

Pieds verts et autres verres

Le choix du verre est capi­tal

Temps de lecture: 5 min
La Riesling Team Le 26 novembre 2010
La Riesling Team

L’œnologie a le vent en poupe ! Les bars à vins fleurissent, les cours de dégustation se démocratisent, les arts de la table séduisent de plus en plus et les collections de verres de dégustation se multiplient.

Tous les spécialistes le disent et l’affirment, le choix du verre est capital pour regarder, sentir, goûter, pour profiter pleinement de la brillance d’un vin, de la finesse de ses arômes. Alors dans quel verre déguster un vin d’Alsace ?

Le verre à pied fin ne s’est pas imposé d’emblée pour le vin d’Alsace. Trop fragile, trop cher, trop recherché. Il n’a orné d’abord que les tables de fête ou de réception. En cave, la dégustation s’est longtemps pratiquée dans le « Rutscherle » (prononcer routchèrla), petit verre-gobelet entièrement vert ! C’est que la matière utilisée alors pour fabriquer le verre était à base de potasse, de teinte …verte. En dissimulant la robe du vin cette coloration avait par ailleurs un avantage certain : elle permettait de masquer les particules flottantes, plutôt nombreuses jadis, qui venaient troubler la limpidité du vin !

123

Le Roe­mer

Un verre spé­ci­fi­que­ment rhé­nan

Au XVIIème siècle se développe un verre spécifiquement rhénan : le Roemer. La partie haute, toujours verte, est en forme de tonneau. La jambe est creuse et trapue, et repose sur un large pied évasé, conique, et décoré de cordons de verre. C’est l’ancêtre du verre à vin d’Alsace, à pied vert et calice blanc, qui naîtra au XIXème siècle. Déjà son pied très allongé permet de ne pas réchauffer le vin en prenant le verre en main.

Le choix du verre est capital pour regarder, sentir, goûter, pour profiter pleinement de la brillance d’un vin, de la finesse de ses arômes

Mais ce verre a un inconvénient pour la dégustation, il est petit. Bien habile celui qui arrive à oxygéner son vin en imprimant un mouvement à son verre sans en perdre une goutte !

Ainsi, pour les dégustations d’agrément, a été crée le verre INAO (Institut National des Appellations d’Origine). Sa forme permet parfaitement de visualiser la transparence des produits dégustés, l’examen du disque du vin est facilité et la concentration des arômes est optimale. Mais sur une table il manque de prestance.

Quelques exemples de verres

 

Le « Grand Sommelier Jung

C’est alors que l’équipe du célèbre restaurant « Au crocodile » à Strasbourg dessine un verre mariant les arts de la table à celui de la dégustation. Le pied est toujours long et élancé mais entièrement transparent pour ne pas altérer la couleur du vin. Au niveau de la paraison le vin peut s’exprimer dans le verre grâce à une base large et les arômes se concentrer au sommet, plus resserré. Le « Grand Sommelier Jung » combine le parfait équilibre entre esthétisme de l’objet et qualité de la dégustation !

En 2001, Serge Dubs, meilleur sommelier du monde 1989, crée un verre capable de concentrer les arômes spécifiques des cépages et des terroirs alsaciens, idéal pour déguster les Grands Crus d’Alsace.

Il faut bien se rendre à l’évidence, nos traditionnels verres du Rhin présentent quelques lacunes dans l’exercice de la dégustation mais en Alsace les pieds verts ont encore une belle place sur les tables et dans les cœurs !